SolR
Posté par rosalielajarrige le 24 sept 2009 | Dans : poésie
1er Juillet 2003
Je cherche la paix tranquille au creux des maisons de papier.
Mais il y a le vent qui toujours s’amasse aux tempes de mousse et de sueur.
Le destin me ricane au visage alors que je suis la route que tout le monde prend.
Si Arthur s’exclame avec fierté « jamais je ne travaillerai ! », cette volonté fatale m’exaspère et me hante.
Et j’ai bien peur moi non plus de ne jamais trouver mon rôle dans cette comédie amère.
Fasse qu’un jour je rigole de ma bêtise et me retourne en songeant « ce n’est pas si mal ce que j’ai laissé faire ». Les cigarettes ont le même goût de solitude que le wagon matinal du métro.
A Paris on s’efforce de ne pas trop s’ennuyer en écoutant la chansonnette d’un accordéon rauque. ‘Breakfast tea’, une eau chaude noirâtre au parfum de carton.
La tige brûlante embaume l’air calme et doucement, tout doucement la fumée envahit le gouffre de mon visage.
Et soudain ce fut un jour comme les autres. Un jour où je n’avais rien décidé.
Ce fut là. La feuille blanche me tendit ses lèvres tristes.
J’y déposai des mots comme les baisers maladroits d’un adolescent amoureux.
La pluie comme un tableau chantant était mon horizon. J’accrochais des rimes aux sanglots gris des fenêtres. J’étais tour à tour une et plusieurs.
J’étais quelque chose, quelque part qui rêvait d’exister, de se transmettre, de se répandre tel un fléau.
Alors j’ai rempli des pages de lune, soleil, orages grondants de quiétudes idiotes, d’amour je crois.
Mais on n’est vraiment amoureux que lorsque l’histoire est passée.
Avant on ne se rend pas compte, tout est possible encore…
Solaire.